U.S Orléans et Championnat de France
U.S Orléans et Championnat de France
Dans les années 80, l'U.S Orléans est l'institution emblématique de la ville, portée au Palais des sports par une véritable ferveur populaire.
Cœur battant du judo en France, l'U.S Orléans se lance dans une épopée européenne de 1985 à 1990, une aventure dont Jean-Louis Geymond devient un acteur majeur en participant à la domination de son club sur le continent. Il est membre de l'équipe lors de quatre des cinq victoires du club en Coupe d'Europe sur cette période.
Sous les couleurs orléanaises, Jean-Louis Geymond s'illustre notamment dans des duels nationaux de haut rang, comme face au médaillé olympique Michel Nowak qu'il bat lors d'une finale contre le Racing Club de France. Orléans est une école de l'excellence. Une émulation continue, renforcée par l'affrontement de champions en compétition, et l'entraînement en club avec son modèle, le double champion du monde Fabien Canu. Une exigence quotidienne qui réclame un investissement total.
Témoignant de cette discipline extrême, il confie lors d'une campagne européenne en catégorie des moins de 78 kg avoir dû perdre huit kilos en huit jours — s'astreignant au régime d'un yaourt par jour — pour valider sa pesée officielle. Une abnégation indissociable de son ambition absolue, qu'il résume sans détour à ses partenaires : « Si je ne suis pas n°1 à 25 ans, j'arrêterai »
Cet idéal prend tout son sens au sein de l'U.S Orléans, où vit chaque jour le principe de prospérité mutuelle. Partenaires à l'entraînement mais adversaires en Championnat de France, Jean-Louis Geymond et Fabien Canu se disputent la suprématie nationale dans la catégorie des moins de 86 kg.
Déjà sacré champion de France Cadets et Juniors, il s'installe sur le podium national de Première division dès 1987 avec une médaille de bronze chez les Seniors, une performance qu'il réitère en 1988 et 1989. Mais pour devenir champion de France, il faut battre le meilleur.
«L'élève rejoint son modèle»
Comme un inévitable rendez-vous, Jean-Louis Geymond accède en 1991 à la finale du Championnat de France Excellence des moins de 86 kg dans laquelle se dresse face à lui le double champion du monde Fabien Canu, la légende du club, son modèle de toujours.
Deux mois après l'avoir vaincu pour la première fois au Grand Prix Konica, Jean-Louis Geymond récidive et crée l'exploit en dominant son aîné et devient champion de France en 1991. Loin d'y voir une passation de pouvoir ou un déclin de son rival, il résume ce moment avec une immense lucidité : « Cette rencontre en finale, il ne l’a pas perdue, je l’ai gagnée, c’est différent »
Entrevue avec Chrystel Bouvar, « L'élève rejoint son modèle » pour l'Humanité le 9 février 1991
«Ouf!… J’avais battu Fabien pour la première fois de ma carrière, il y a deux mois, au Grand Prix Konica. Mais là, en finale du championnat, ça concrétise quelque chose. Après le tournoi de Paris 1990 et la coupe Kano, ça fait du bien.»
«J’avais déjà gagné des compétitions internationales, maintenant je prends le titre national. Je me retrouve aujourd’hui dans la peau d’un leader. C’est à la fois difficile à gérer et motivant. Logiquement aujourd’hui, j’ose prétendre à la sélection aux championnats d’Europe et du monde à venir, mais mon prochain objectif, c’est la victoire au tournoi de Paris.»
«Il n’est pas question de déclin en ce qui concerne Fabien. Pour moi c’est un modèle, dans sa manière de gérer sa carrière comme dans sa façon de gérer ses combats. Cette rencontre en finale, il ne l’a pas perdue, je l’ai gagnée, c’est différent.»
«Les championnats d’Europe et du monde sont encore loin. Actuellement, je ne pense pas au podium, mais plutôt à la sélection que j’espère. Je n’envisagerai la victoire que lorsque la sélection sera acquise. Quant aux jeux Olympiques de Barcelone, c’est effectivement un objectif prioritaire mais que la route est longue!… Il y aura de nombreuses compétitions officielles d’ici là où il faudra convaincre.»