- Livre d'or -
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"Un des judokas les plus doués de ma génération, fauché à l'aube de sa carrière par un cancer foudroyant. […] Il me semblait évoluer à un autre niveau: physiquement, tactiquement ou au niveau des kumikatas. [...] En décembre 1985, sur le tapis de l'Insep, je me retrouve une nouvelle fois en concurrence avec Jean-Louis Geymond pour la place de titulaire chez les moins de 86 kilos. Une poule de sélection pour le Tournoi de Paris, l'un des plus grands (si ce n'est le plus grand) tournois du monde, est organisée. Pour la première et dernière fois de ma carrière, je bats Jean-Louis. Celui-ci prendra sa revanche quelques semaines plus tard, en finale des championnats de France juniors. [...]
C'est lors d'un stage de préparation pour les championnats du monde de Barcelone qu'on nous a appris que Jean-Louis Geymond, mon ancien rival chez les juniors, avait un souci de santé. On nous a d'abord parlé d'un problème au pancréas. Un cancer l'emporta en quelques mois. La rapidité avec laquelle la maladie a terrassé Jean-Louis avait quelque chose d'effrayant. Ce combattant magnifique, auquel les spécialistes promettaient un avenir doré, était tombé sur un adversaire bien plus redoutable que tous ceux que l'on peut croiser sur les tatamis. Nos rêves de médailles semblaient soudainement bien dérisoires."
Stéphane Traineau (Extrait de Profession Champion : conversations avec Gilles Van Kote, 2003)
"Être là et puis tout d'un coup éteindre la lumière et disparaître. [...] Nous ne sommes pas des intouchables, des surhommes que rien ne peut atteindre. [...] Judokas ou pas, champions ou pas, physiquement supérieurs ou pas, nous ne sommes pas au-dessus de l'inéluctable. Nous restons vulnérables, comme tous les hommes, exposés, à la maladie, aux accidents. [...] Le jour où je partirai j'espère que je pourrai apprendre la vérité. Découvrir pourquoi des tas de types bien partent trop tôt alors que tant de tordus et de salauds sévissent impunément jusqu'au bout de leurs jours. Savoir comment fonctionne l'injustice ici-bas... Comment un garçon comme Jean-Louis, dans la fleur de l'âge, en plein épanouissement, physique et intellectuel, peut du jour au lendemain se dégrader à une vitesse vertigineuse. [...] La maladie déclarée en juillet et le décès en décembre : on peut difficilement faire plus fulgurant entre l'état de champion et celui de condamné.
Alors quand je pense à tout ça, je me dis simplement qu'un jour je perdrai fatalement ce seul combat que personne ne peut gagner. Et j'irais retrouver une belle équipe de judokas quelque part là-haut. On aura tous des kimonos blancs et, qui sait, peut-être une ceinture en or..."
David Douillet (Extrait de L'âme du conquérant, 2000)
J'ai connu Jean-Louis au sport-études de la Régie Renault que j'avais eu la chance d'intégrer. Il était impressionnant. Il m'impressionnait. C'était une machine. Lui et Laurent étaient mes modèles. J'ai eu Jean-Louis comme coéquipier à l'U.S. Orléans. On a passé des moments magiques. Mon premier tournoi international, Jean-Louis était présent. Grâce à lui j'ai gagné le tournoi. Sa disparition a été un choc. Il restera toujours en nous comme Chacha et tant d'autres qui sont partis trop vite.
Chichi
30/06/2026