Créée en 1978 pour honorer la mémoire du fondateur du judo, la coupe Jigoro Kano, est l’une des compétitions les plus prestigieuses au monde et un défi hors norme. Dans chaque catégorie, les quatre meilleurs judokas japonais sont engagés face aux meilleurs étrangers invités. Il s’agit alors de battre les champions japonais sur leurs propres terres. Dès les premières éditions, le Japon impose sa suprématie au Nippon Budokan de Tokyo, véritable temple des arts martiaux.
Fusamae, Geymond, Maltsev, Okada
En novembre 1990, Jean-Louis Geymond entre dans l'Histoire. Il remporte la Coupe Jigoro Kano, en démontrant sa supériorité technique sur des Japonais médusés. Cette victoire fait de lui, chronologiquement, le premier judoka français à s'imposer dans cette compétition, suivi quelques minutes plus tard par son compatriote Stéphane Traineau.
En demi-finale, il renverse le champion du monde japonais Hirotaka Okada d'un premier Ura-nage.
Traduction des commentaires originaux de la chaîne japonaise NHK
« — Dans ce combat, Geymond a vraiment bousculé le mental d'Okada, n'est-ce pas ?
— Oui, c'est vrai.
— C'est ici. Ura-nage ! Okada, voyez-vous, avait pris un avertissement (shido), et on dirait qu'il est resté bloqué là-dessus. Il a subi l'attaque de plein fouet.
— Oui, il a été beaucoup trop passif. Et voilà Geymond qualifié pour la finale. »
Traduction des commentaires originaux de la chaîne japonaise NHK
« — Regardons cela de plus près. Cette Coupe Jigoro Kano est vraiment très disputée cette année. Bien sûr, les Européens sont parfaitement conscients de la dimension spirituelle et historique de ce tournoi. — Que pensez-vous de leur style de combat ? — Eh bien, avec les nouveaux judogis plus larges, on voit beaucoup plus de victoires par Ippon. C'est devenu passionnant, même pour les spectateurs. — Absolument. Prenez la finale des moins de 86 kg : Geymond est arrivé jusqu'ici en gagnant absolument tous ses combats par Ippon. Son adversaire aussi a gagné deux de ses trois combats par Ippon. — Monsieur Uehara ? — Oui, la finale des 86 kg va commencer. Voici le Japonais Fusamae. Son expression juste avant le combat est très calme, très posée. — Oui, on sent une grande concentration. L'entraîneur Yamada nous disait qu'il observe bien son adversaire aujourd'hui, que ses techniques sont tranchantes. Il veut qu'il s'accroche et qu'il donne tout. »
En finale, Jean-Louis Geymond foudroie le Japonais Fusamae en seulement 13 secondes, par un second Ura-nage à couper le souffle.
Traduction des commentaires originaux de la chaîne japonaise NHK
« — C'est parti pour la finale des moins de 86 kg !
— Oh, il part sur un O-soto... GEYMOND, IPPON ! Le Français Geymond remporte brillamment la victoire dans la catégorie des moins de 86 kg ! (Applaudissements)
— Le combat vient à peine de commencer... seulement 13 secondes ! Quelle sensation de rapidité !
— Ah, cet Ura-nage qui avait déjà terrassé Okada en demi-finale vient de ressortir.
— On dirait que Fusamae a été pris de court, non ?
— Oui... En réalité, Geymond ne vous laisse pas l'approcher facilement. Il l'a soulevé d'un coup. Fusamae a peut-être été trop imprudent en pensant qu'il pouvait lancer sa propre technique à ce moment-là...
— Et Geymond n'attendait que ça. C'est une exécution magnifique. Regardons sous un autre angle... Fusamae a manqué de vigilance. On dirait qu'il n'a pas vu le coup venir du tout.
— C'est ce qu'on appelle en Europe le "Back-throw" (Back-nage), n'est-ce pas ?
— Exactement. »
Section : International Competition Records / France
« Lors de l'édition 1990 de la Coupe Jigoro Kano, le Français Jean-Louis Geymond a créé une sensation forte dans la catégorie des -86 kg. Sa victoire est inscrite comme un tournant historique pour le judo européen au Japon.
En demi-finale, il s'est opposé au champion du monde en titre, Hirotaka Okada. Geymond a neutralisé l'offensive du Japonais avant de conclure sur un Ura-nage d'une puissance et d'une précision remarquables, marquant Ippon.
En finale, face à Fusamae, il n'a fallu que 13 secondes au Français pour appliquer une nouvelle fois sa technique de projection arrière (Ura-nage), mettant fin au combat de manière foudroyante. Par cette performance, il devient officiellement le premier judoka masculin français à remporter l'or dans ce tournoi prestigieux, prouvant que la supériorité technique pouvait changer de camp, même au Budokan. »
藝紋 Le prestige du nom.
Désormais, au Japon, le nom de Jean-Louis Geymond est honoré par l'écriture en Kanji 藝紋 (Gemon). Loin d'une simple transcription, ce choix témoigne d'une reconnaissance culturelle profonde :
藝 (GE) : L'art et la maîtrise technique supérieure (comme dans Bugei, l'art martial).
紋 (MON) : L'emblème ou le blason des lignées de samouraïs.
En utilisant ces caractères, les experts japonais ont élevé Jean-Louis au rang de « Noble de l'Art Martial », reconnaissant que son Judo atteignait l'essence même de leur tradition.